En bref
Un chantier d’insertion agricole emblématique des Deux-Sèvres, aujourd’hui en liquidation.
- Association loi 1901 fondée à La Crèche, active pendant près de 24 ans.
- Jardin maraîcher et atelier bois, vente directe au public chaque semaine.
- Liquidation annoncée après une forte réduction des financements publics.
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Près de 24 ans d’activité, des centaines de parcours reconstruits, des légumes vendus chaque mardi sur le marché de La Crèche. Puis la fermeture. L’histoire d’Aide en Créchois et le jardin du Coteau de Breloux résume à elle seule les tensions qui traversent l’économie sociale et solidaire en France rurale. Fondée en 2004 sur la commune de La Crèche, dans les Deux-Sèvres, cette association loi 1901 a construit un outil d’insertion reconnu, agréé, financé par le Département et l’État, avant de voir ses soutiens s’effriter au point de rendre la structure non viable. Le résultat est brutal mais pas inédit dans un secteur où les chantiers d’insertion constituent l’un des principaux instruments de lutte contre l’exclusion professionnelle. Découvrez comment les aides sociales soutiennent les projets locaux en Eure.
Un jardin d’insertion au cœur de la commune de La Crèche
Le site du Coteau de Breloux n’est pas un simple potager associatif. Géré par l’association Aide en Créchois, il fonctionne comme un atelier chantier d’insertion (ACI), un dispositif encadré par la loi, soumis à agrément délivré par Pôle Emploi, et destiné à des personnes éloignées du marché du travail. Les jardiniers et jardinières accueillis sur le site relèvent de situations variées, tous éligibles aux dispositifs d’insertion économique.
Le fonctionnement concret du jardin du Coteau de Breloux reposait sur plusieurs piliers: Le financement provenait notamment de aides sociales accordées aux participants.
- Un encadrement socio-professionnel spécifique, destiné à lever les freins qui tiennent les personnes à l’écart de l’emploi durable.
- Une activité de production maraîchère tournée vers la vente directe aux particuliers.
- Un accompagnement individuel pour préparer la sortie vers l’emploi classique ou la formation.
- Des horaires d’ouverture réguliers, dont le marché du mardi matin et des permanences en semaine.
24 ans
Durée d’activité de l’association Aide en Créchois avant sa liquidation
Les horaires d’ouverture du jardin reflétaient cette logique de service de proximité. Le lundi de 13h à 17h, le mardi de 9h à 12h sur le marché de La Crèche, le mercredi de 13h à 17h, le jeudi selon les saisons, et certains samedis d’octobre pour l’écoulement des récoltes d’automne. Une organisation pensée pour les particuliers du territoire, pas pour une clientèle professionnelle.
À retenir
Un ACI n’est pas une simple association de jardinage. C’est une structure économique à part entière, soumise à agrément, dont le modèle repose intégralement sur des financements publics dédiés à l’insertion.

Les activités du chantier, du maraîchage à l’atelier bois
Le maraîchage, socle du projet
Aide en Créchois et le jardin du Coteau de Breloux ont fait du maraîchage leur activité centrale. Le site produit des légumes en quantité significative, vendus directement aux habitants de La Crèche et des communes alentour. Cette dimension économique n’est pas anecdotique. Dans un ACI, l’activité productive sert de support pédagogique. Le travail du sol, la gestion des cycles de culture, la relation avec les clients sur le marché, tout cela constitue un cadre d’apprentissage et de remobilisation professionnelle.
Bon à savoir
Pour les personnes éloignées de l’emploi dans les Deux-Sèvres, les chantiers d’insertion agricoles permettent d’acquérir une expérience concrète valorisable auprès des employeurs du secteur ou en reconversion vers des métiers manuels.
L’atelier bois, un second levier d’insertion
À côté du jardin, le jardin du Coteau de Breloux a développé un atelier bois. Cette activité complémentaire élargissait les profils accueillis et les débouchés possibles à la sortie du dispositif. Elle permettait aussi de diversifier les compétences transmises, en touchant des personnes dont le rapport au travail physique ou aux activités de plein air différait de celui lié au maraîchage.
Les deux activités réunies faisaient d’Aide en Créchois une structure polyvalente, capable d’accueillir des hommes et des femmes de tous âges, avec des parcours et des blocages très différents, sans restreindre l’accès à un seul profil type.
Avantages
- +Accompagnement socio-professionnel individualisé
- +Double activité maraîchage et bois pour diversifier les profils
- +Vente directe qui ancre le dispositif dans l’économie locale

Un rayonnement au-delà du seul jardin du Coteau de Breloux
Aide en Créchois ne s’est pas limitée à son propre site. L’association a participé à la création de forêts et d’espaces de biodiversité sur plusieurs communes des Deux-Sèvres. Parmi les réalisations documentées figurent des interventions à Plaine-d’Argenson, à Prahecq avec le site de La Corciale, ainsi que l’espace de biodiversité du Niort Rugby Club. Ce positionnement sur la plantation et la gestion d’espaces naturels donnait à la structure une identité forte, à mi-chemin entre insertion sociale et transition écologique.
Ce type d’engagement territorial répond à une logique que beaucoup d’ACI ont adoptée. L’activité productive ne se limite pas à générer un chiffre d’affaires. Elle doit produire une utilité sociale visible, un résultat tangible pour la commune ou l’intercommunalité qui accueille le chantier. Les forêts plantées, les espaces naturels entretenus, les marchés alimentés en produits locaux constituent autant de preuves concrètes de l’impact d’Aide en Créchois et le jardin du Coteau de Breloux sur le tissu local.
Quand un chantier d’insertion ferme, ce n’est pas seulement une association qui disparaît. Ce sont des dizaines de personnes qui perdent un tremplin vers l’emploi, souvent le seul accessible à leur situation.
La liquidation, symptôme d’un financement public fragilisé
La fermeture d’Aide en Créchois a été annoncée presque 24 ans jour pour jour après la création de l’association. Les responsables ont été explicites sur les raisons. La baisse des financements du Département des Deux-Sèvres et de l’État a rendu le modèle économique intenable. Dans un ACI, les recettes propres tirées de la vente des légumes ou des prestations bois ne suffisent structurellement pas à couvrir les coûts d’encadrement et d’accompagnement. Ces coûts sont précisément ceux que les financements publics doivent couvrir.
| Source de financement | Rôle dans l’ACI | Impact d’une réduction |
|---|---|---|
| Aide au poste d’insertion (État) | Finance les contrats des salariés en insertion | Réduction directe de l’effectif accueilli |
| Cofinancement Département | Soutient l’encadrement socio-professionnel | Fragilise l’accompagnement individuel |
| Recettes propres (vente directe) | Complément marginal au budget global | Insuffisant pour absorber les pertes publiques |
Cette mécanique explique pourquoi la fermeture a été qualifiée d’énorme gâchis par les acteurs de terrain. Le jardin du Coteau de Breloux ne manquait ni de travail ni de demande. Il manquait de soutien institutionnel au moment précis où il aurait eu besoin de stabilité.
Attention
La réduction des financements publics aux ACI ne concerne pas uniquement les Deux-Sèvres. Dans toute la France, des structures similaires se trouvent dans des situations de fragilité financière comparable, sans que leurs résultats en matière d’insertion soient remis en cause.
La liquidation d’Aide en Créchois et le jardin du Coteau de Breloux pose une question de fond sur la pérennité des dispositifs d’insertion par l’activité économique dans les territoires ruraux. Ces structures sont souvent les seules à accueillir des publics que ni le marché de l’emploi classique ni la formation professionnelle standard ne parviennent à atteindre. Leur disparition laisse un vide que rien, dans l’architecture actuelle des politiques d’emploi, ne vient combler à court terme. La question n’est pas de savoir si ce modèle est utile. Les 24 ans du Coteau de Breloux ont répondu à cela. La question est de savoir si les financeurs publics, État et départements, sont encore prêts à l’assumer.

Vos questions sur Aide en Créchois et le jardin du Coteau de Breloux
Qu’est-ce qu’un atelier chantier d’insertion comme le Coteau de Breloux ?
Un atelier chantier d’insertion est une structure agréée par Pôle Emploi qui accueille des personnes éloignées du marché du travail. Elle leur propose une activité productive réelle, un encadrement technique et un accompagnement socio-professionnel pour lever les freins à l’emploi durable. Le financement repose principalement sur des aides publiques d’État et des collectivités territoriales.
Pourquoi l’association Aide en Créchois a-t-elle fermé ?
La liquidation d’Aide en Créchois résulte d’une forte baisse des financements du Département des Deux-Sèvres et de l’État. Dans un ACI, les recettes propres tirées de la vente directe ne suffisent pas à couvrir les coûts d’encadrement. Sans soutien public suffisant, le modèle économique devient structurellement non viable, indépendamment de l’utilité sociale de la structure.
Qui pouvait bénéficier du dispositif du jardin du Coteau de Breloux ?
Le jardin du Coteau de Breloux s’adressait aux personnes éligibles aux dispositifs d’insertion économique, c’est-à-dire reconnues comme éloignées de l’emploi par les services compétents. Hommes et femmes de tous âges pouvaient y être accueillis, sur orientation des structures sociales ou de Pôle Emploi, pour un accompagnement individualisé vers un retour à l’emploi.

Je m’appelle Géraldine et je suis la personne qui anime Wellmatelas.fr au quotidien. Passionnée par la gestion de budget, les aides financières et les solutions concrètes pour améliorer la vie de tous les jours, j’ai créé ce site pour rendre l’information plus simple, plus accessible et surtout plus utile.





